Festival off Avignon 2021 : « La Grande Musique » de Stéphane Guérin

Comme le dit l’adage : On ne choisit pas sa famille. On y fait souvent des découvertes, puis on y découvre parfois des secrets de famille bien gardés de générations en générations. 

Et si des blessures familiales continuaient à se transmettre? Voici le point de départ de cette création de l’auteur Stéphane Guérin. 

La Grande Musique… les secrets de famille refont surface

Salomé Viliers, metteure en scène sur qui il faut compter désormais, se frotte ici à orchestrer cette « grande musique » familiale. Dès la première scène, nous sommes plongés au cœur de cette famille où les secrets vont refaire surface peu à peu. Une histoire familiale dysfonctionnelle somme toute, comme beaucoup d’histoires de famille et comme sait si bien les raconter Stéphane Guerin. 

Nous sommes emportés dans un tourbillon émotionnel. On y suit les personnages, notamment les plus jeunes, en quête de leur histoire familiale jusque dans l’Allemagne nazie. 

LA GRANDE MUSIQUE de Stéphane Guérin, mis en scène par Salomé Villiers. Avec Brice Hillairet, Hélène Degy, Raphaëline Goupilleau, Bernard Malaka, Pierre Hélie et Étienne Launay.

Le poids des non-dits familiaux

La pièce questionne le poids des non-dits et des secrets de famille. Un aïeul, interprété avec talent par Brice Hillairet, qui vient perturber dès le départ le petit confort familial et servir de guide extra-temporel afin d’aller déterrer ces fameux secrets de famille. 

Tout la distribution est excellente : Helene Degy en jeune mariée souhaitant casser « la malédiction » des femmes de la famille et ainsi rompre le silence sur la lignée féminine. Raphaëline Goupilleau, en mère gardienne d’un lourd secret, illumine par sa présence et son énergie. Pierre Elie est décalé et drôle par son incarnation en la personne du fils. Etienne Launnay est touchant, sensible et dans le rôle père, Bernard Malaka est simplement  parfaitement juste ! Brice Hillairet, enfin, interprète un guide trublion iconoclaste et mystérieux qui lui va comme un gant. 

Une mise en scène précise, minutieuse et parfaitement maîtrisée. Un sujet intemporel, universel et qui soulève la question suivante :

Les traumatismes vécus par les générations passées d’une famille, laissent-ils des traces sur leurs descendances ? 

Certainement, voilà pourquoi,  comme dans «La Grande Musique» de Stéphane  Guerin, remonter dans notre passé familial peut nous être utile afin d’apaiser notre présent et construire un avenir plus serein. 

Après avoir fait un passage au Théâtre La Bruyère à Paris dans le cadre du Phénix Festival en juin dernier, la pièce se joue en ce moment au Festival d’Avignon au Théâtre Buffon à Avignon, jusqu’au 31 juillet 2021.


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